Description de la formation
La prévalence de la fibrillation auriculaire est faible avant 40 ans (< 0,5 %), mais elle augmente à 5 % après 65 ans et atteint 10 % après 80 ans. Elle est majorée en cas de cardiopathie et avec l’évolution de celle-ci. Dans un service d’urgence, la prévalence varie entre 0,5 et 3,2 % selon les méthodes d’analyse pro- ou rétrospectives, la population et les systèmes de santé. Cette prévalence augmente sensiblement depuis 20 ans. Le ratio des formes chroniques /récentes (< 48 heures) est compris entre 4/1 et 2/1. La prise en charge d’une FA récente est donc fréquente en médecine d’urgence hospitalière. La FA peut se révéler par une embolie périphérique, en particulier cérébrale. Ainsi, les patients en FA ont un risque cinq fois plus élevé de faire un AVC, et 20 % des AVC sont attribués à une FA. Néanmoins, le risque embolique varie en fonction de facteurs de risque thromboembolique personnels. L’AVC embolique est plus sévère que celui lié à un autre mécanisme. Il est généralement de type ischémique, parfois secondairement hémorragique. La FA peut aggraver une dysfonction ventriculaire et déclencher des épisodes d’insuffisance cardiaque aiguë, voire une cardiomyopathie rythmique si elle reste rapide et prolongée plusieurs semaines ou mois. Elle entraine une majoration du risque d’hospitalisation, de décès et une réduction de la qualité de vie.
Les Sociétés Savantes internationales de cardiologie publient régulièrement des recommandations pour la prise en charge de la FA. Ces recommandations reposent sur une classification qui distingue :
· La fibrillation auriculaire « paroxystique » : l’accès se termine spontanément en moins de sept jours, généralement moins de 48 heures avec souvent des récidives entrecoupées d’épisodes en rythme sinusal.
· La fibrillation auriculaire « persistante » : l’accès persiste plus de sept jours, nécessitant un choc électrique ou un traitement pharmacologique pour être réduit.
· La fibrillation auriculaire « permanente » : durée supérieure à un an, les traitements étant inefficaces ou non envisagés.
Ces recommandations diffèrent selon la tolérance, le terrain, l’existence d’un mécanisme déclenchant et le caractère « valvulaire » ou non de la FA. Ces recommandations s’appliquent également aux cas de flutter et de tachycardie atriale. L’omniprésence de la FA en pratique quotidienne impose des mises à jour régulières de nos habitudes diagnostiques et thérapeutiques.
La prise en charge des patients en rythmologie est donc complexe avec des thérapeutiques médicamenteuses et non médicamenteuses comme l’ablation ou l’implantation de stimulateurs/défibrillateurs cardiaques. Elle peut être source de complications iatrogénes et de dépenses injustifiées. Une remise à niveau sur la juste prescription des examens et des traitements qui sont très évolutifs avec des innovations récentes est donc nécessaire et constitue l’objectif prioritaire de cette formation.
OBJECTIFS :
A l’issue du programme, les participants doivent être capables :
• Connaitre les moyens de dépistage de la FA.
• Maitriser l’enquête étiologique, recherche d’une cardiopathie sous-jacente. Connaitre les différentes présentations cliniques.
• Maitriser la stratégie de prise en charge, contrôle du rythme ou contrôle de la fréquence, les modalités du traitement anticoagulant.
• Connaitre les résultats des dernières études internationales et les recommandations ESC 2020.
• Connaitre la place de l’ablation : les indications, les non-indications, les différentes procédures, les résultats, les risques de complications.
• Connaître les modalités de bonne pratique pour les anticoagulants oraux (guide EHRA 2021).